***Risque de néoplasie myéloïde après traitement des tumeurs neuroendocrines par PRRT (peptide receptor radionuclide therapy)

Les radionucléides des récepteurs peptidiques (PRR), qui agissent en émettant des particules β lié à un analogue du peptide de la somatostatine, sont utilisés dans le traitement des tumeurs neuroendocrines (NET).

La survenue de néoplasies myéloïdes (t-NM) liées au traitement par PRR (PRRT) a été rapportée mais leur nature, leur incidence et leur moment d’apparition ne sont pas très bien connus.

Il était donc justifié de réaliser une revue systématique de l’incidence et des caractéristiques des t-NM après PRRT chez les patients atteints de NET, c’est ce qu’on fait les auteurs d’un article publié dans Jama Oncology (doi:10.1001/jamaoncol.2020.0078).

Ils ont pour cela recherché dans MEDLINE, Embase, Scopus, Web of Science et Cochrane Central Register of Controlled Trials tous les articles rapportant des essais cliniques randomisés, de phase 1 ou 2, des études rétrospectives et des séries de cas, depuis la création de ces bases de données jusqu’en Avril 2019, concernant des patients atteints de NET traités par PRRT et signalant la survenue et l’incidence de t-NM.

Les études retenues ont inclus des patients atteints de NET traités avec diverses formes de PRRT (177Lu, 90Y, indium-111 ou métaiodobenzylguanidine) et rapportaient l’incidence des t-NM et, le cas échéant, les caractéristiques de la maladie, y compris la chronologie de son développement. Les t-NM comprenaient notamment les syndromes myélodysplasiques (SMD), les leucémies aiguës, les syndromes myéloprolifératifs ou tout autre type de néoplasie myéloïde.

Vingt-huit articles ont été sélectionnés, soit 7 334 patients traités par PRRT pour NET. L’incidence de t-NM était variable entre les études avec une incidence moyenne de 2,61% (écart-type 4,38%). Parmi les 134 cas observés, des anomalies cytogénétiques ont été signalées chez 32, l’anomalie la plus courante étant une cytogénétique complexe, compatible avec les néoplasies myéloïdes après exposition à des agents alkylants ou une irradiation.

Le risque de t-NM après PRRT est donc faible mais non négligeable étant donné le mauvais pronostic après diagnostic de t-NM. Les auteurs considèrent qu’une surveillance étroite est justifiée pour identifier ces patients au début de l’évolution de la maladie lorsque des anomalies hématologiques persistent.