Ibrutinib plus venetoclax améliore et prolonge la réponse MRD dans la LLC chez les patients âgés “unfit”

L’essai de phase 3 GLOW récemment publié dans le NEJM Evidence (DOI: 10.1056/EVIDoa2200006) a montré qu’ibrutinib-venetoclax, association de durée fixe, entièrement orale, en une prise par jour, permet d’obtenir une survie sans progression (SSP) supérieure et des réponses plus profondes et mieux soutenues que l’association chlorambucil-obinutuzumab en traitement de première intention de la leucémie lymphoïde chronique (LLC) chez les patients âgés et/ou ceux présentant des comorbidités (voir HEMATO A LA UNE – Lettre n°46,Juin 2022).

La présentation, lors du congrès SOHO à Houston, des données actualisés, avec un suivi médian qui atteint maintenant 34,1 mois, confirme ces résultats (Poster CLL-106).

Notamment, le taux de maladie résiduelle indétectable (uMRD) dans la moelle osseuse par séquençage de nouvelle génération (NGS) inférieur à 10-4 et 10-5 est significativement plus élevé avec ibrutinib-venetoclax (n = 106) qu’avec chlorambucil-obinutuzumab (n = 105) dans la moelle osseuse et le sang périphérique. Dans la moelle osseuse, le taux d’uMRD atteint 51,9% (10-4, 11,3% ; 10-5, 40,6%) avec l’ibrutinib-venetoclax versus 17,1% (10-4, 9,5% ; 10-5, 7,6%) avec chlorambucil-obinutuzumab. Dans le sang périphérique, ces taux sont respectivement de 54,7% (10-4, 11,3% ; 10-5, 43,4%) et 39,0% (10-4, 21,0% ; 10-5, 18,1%).

Par ailleurs, les auteurs ont analysé la concordance entre la réponse MRD dans la moelle et dans le sang et la corrélation entre la réponse MRD et la SSP.

La concordance uMRD dans la moelle et le sang en dessous de 10-4 était de 92,9% pour l’ibrutinib-venetoclax versus 43,6% pour chlorambucil-obinutuzumab. Avec une sensibilité de 10-5, la concordance uMRD était de 90,9% et 36,8%, respectivement.

En analyse de sous-groupe, ibrutinib-venetoclax permet plus de uMRD inférieure à 10-4 dans la moelle, quel que soit l’âge, l’état de performance ECOG initial, le score total CIRS, le stade Rai, le volume tumoral, l’élévation de la LDH, le statut IGHV et la présence ou non d’une délétion 11q. De plus, l’uMRD dans le sang se maintient mieux avec ibrutinib-venetoclax qu’avec chlorambucil-obinutuzumab. Plus précisément, 84,5% (n = 49/58) des patients ont une uMRD inférieure à 10-4 et 80,4% (n = 37/46) une uMRD inférieure à 10-5 avec l’ibrutinib-venetoclax versus 29,3% (n = 12/41) et 26,3% (n = 5/19) avec chlorambucil-obinutuzumab, respectivement. Enfin, seuls 6% des patients du bras ibrutinib-venetoclax n’ont pas maintenu une uMRD inférieure à 10-4 versus 27% de ceux du bras chlorambucil-obinutuzumab.

D’autre part, le taux de SSP était mieux maintenu après le traitement par ibrutinib-venetoclax par rapport à chlorambucil-obinutuzumab chez les patients présentant une uMRD 10-4 dans la moelle. Cependant, même chez les patients présentant une MRD 10-4 détectable dans la moelle ou le sang, le taux de SSP supérieur à 90 % a été maintenu au cours de la première année après la fin du traitement par ibrutinib-venetoclax, alors qu’une rechute précoce était courante avec chlorambucil-obinutuzumab.

Selon les auteurs, “un suivi supplémentaire est justifié pour confirmer l’impact à plus long terme du statut MRD sur la SSP”.

SourceSOHO