Vaccination contre le SARS-CoV2 : l’Inca publie la liste des patients, de plus de 16 ans, atteints d’hémopathies malignes et de cancers solides devant faire l’objet d’une vaccination immédiate

Depuis le 18 Janvier 2021, la vaccination contre le virus SARS-CoV-2 est recommandée pour les personnes de moins de 75 ans présentant des comorbidités dont un cancer en cours de traitement par chimiothérapie. 

Le 19 Janvier, le Professeur Alain Fischer, président du conseil d’orientation de la stratégie vaccinale, a sollicité l’Institut national du cancer (Inca) pour définir, parmi les patients atteints de cancer, ceux qui doivent bénéficier de cette vaccination en « ultra haute-priorité ». 

L’Inca vient de publier, le 1er Février, ses préconisations à destination de l’ensemble des professionnels de santé.

Sont considérés comme ultra-prioritaires :

Parmi les patients atteints d’hémopathies malignes :

  • Ceux ayant reçu une allogreffe de cellules souches hématopoïétiques, à plus de 3 mois et moins de 3 ans de leur allogreffe, en l’absence de GVHD aiguë ou chronique non contrôlée ;
  • Ceux traités activement (y compris les traitements d’entretien) pour une hémopathie aigüe, quel que soit son type (myéloïde ou lymphoïde) et quel que soit leur âge dès lors que leur programme de soins ne s’effectue pas majoritairement en hospitalisation prolongée ;
  • Ceux traités activement pour un myélome multiple, un lymphome T, un lymphome B diffus à grandes cellules, un lymphome folliculaire, une leucémie lymphoïde chronique, en première et deuxième ligne de traitement pour ces pathologies ;
  • Ceux pour lesquels l’une des pathologies précédemment citées vient d’être diagnostiquée et qui doivent être placés à court terme en traitement actif. La réalisation du protocole complet de vaccination doit se poursuivre en parallèle de la mise en route du traitement, la vaccination ne doit pas retarder le traitement de la pathologie maligne, une efficacité rapide et significative après la première injection des vaccins actuellement disponibles ayant été rapportée.

Concernant les patients recevant des anti-CD20, considérant l’immunogénicité particulière des vaccins à ARNm et la capacité diminuée mais non nulle de ces patients à mettre en œuvre une réponse immunitaire, l’Inca estime que « l’application du principe de précaution plaide pour leur vaccination » mais recommande :

  • D’informer les patients du risque de moindre efficacité de la vaccination,
  • De considérer la possibilité de décaler l’administration d’anti-CD20 à la deuxième ou troisième cure de traitement pour permettre la vaccination complète lorsque qu’il n’y a pas de risque de perte de chance significative,
  • D’inclure en priorité ces patients dans les essais cliniques et les cohortes évaluant la réponse immunitaire au vaccin.

Parmi les patients atteints de tumeurs solides :

  • Ceux dont les traitements, quelles qu’en soient les modalités et les séquences, sont entrepris à visée curative, à l’exclusion des tumeurs cutanées baso-cellulaires ;
  • Ceux en traitement actif, sans visée curative, par chimiothérapie de première ou deuxième ligne ;
  • Ceux recevant une radiothérapie pour une tumeur intra-thoracique primitive incluant un volume pulmonaire important, une radiothérapie incluant un grand nombre d’aires ganglionnaires thoraciques et/ou abdomino-pelviennes et/ou un grand volume de tissus hématopoïétiques.

L’Inca préconise, par ailleurs, que la vaccination de ces patients soit réalisée sur leur lieu de soins.

Au total, l’Inca estime que ces patients ultra-prioritaires de moins de 75 ans représentent 116 900 personnes.

Priorisation des patients atteints de cancer pour la vaccination contre le Sars-CoV2